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Lecture rapide, speed reading : un mythe ?

Avez-vous toujours voulu lire plus rapidement ? Et retenir plus facilement ? Utiliser cette vitesse pour apprendre toujours plus de choses et avoir un impact sur votre parcours académique, professionnel ou personnel. Ou alors utiliser cette vitesse pour terminer plus vite vos lectures et ainsi passer le reste de votre temps à faire des choses plus intéressantes ou qui vous tiennent à cœur.

Une méthode existe : le speed reading ou lecture rapide.

Une méthode vous permettant de lire et donc d’apprendre, de grandir, de devenir meilleur.

Imaginez un personnage dont l’une des activités les plus importantes est la lecture. Une lecture qui commençait dès le petit déjeuner et qui se poursuivait tout au long de la journée jusqu’à tard le soir. Quels étaient les résultats ? Et bien ce personnage était capable de tenir la conversation avec bon nombre de personnes traitant de sujets variés … ou de langues différentes. Un savoir accumulé grâce à une lecture intensive et rapide. Ce personnage était Théodore Roosevelt, le 26ème président des États-Unis. Il était un fervent pratiquant de la lecture rapide. Pour avoir des données chiffrées, il était capable de lire  2 à 3 livres par jours alors qu’il était en fonction : c’était un monstre ! (dans le bon sens bien sûr). Et il n’est pas le seul, d’autres personnages ont utilisés cette technique de lecture rapide.

Theodore Roosevelt

Et là, vous commencez à vous poser des questions sur la véracité de ces termes. Après tout ce n’est peut-être qu’une histoire. Franchement, peut-on être capable de lire à cette vitesse et surtout avoir une bonne compréhension d’un texte ?

De toute manière, en personne éclairée que vous êtes, car vous l’êtes, vous vous demandez ce que cette supposée lecture rapide peut vous apporter.

Et bien cette méthode offre beaucoup d’avantage.

  • doubler votre vitesse de lecture dans un premier temps
  • améliorer votre compréhension du texte
  • améliorer votre rétention
  • améliorer votre savoir du fait du volume de lecture accumulée
  • devenir le prochain Théodore Roosevelt …

C’est une blague !

Voilà la pensée qui peut venir après tout ce que vous avez lu et vous avez le droit de le penser. Mais je dirais plus, c’est notre façon de lire, qui est une vraie blague …

En effet notre conception de la lecture … est pauvre.

Il y a tout d’abord un manque de savoir, de connaissance, d’éducation, concernant l’utilisation de notre outil de lecture qu’est l’œil : nous l’utilisons très mal car nous le connaissons mal. Ainsi nous ne savons pas « bien » lire.

Mais il est gonflé celui-là !

Imaginez un cercle à 20 cm devant vous,   et dessinez-le avec vos yeux. Que se passe-t-il ? Vous ne formez pas vraiment un cercle mais plutôt quelque chose de … très bancal, en tout cas qui n’a rien à voir avec un cercle !

Cette fois répété l’exercice mais avec un doigt : tracez un cercle avec votre doigt et là … magie, un cercle parfait (tout dépends de votre cercle fait à main levée !)

Ok, roulement de tambour et explication (très simpliste) :

Premier point : comprendre nos yeux

The good eye

Nos yeux disposent de muscles orbitaux qui émettent des contractions assez courtes. L’objectif est de concentrer sur un seul point … ou mouvement afin de percevoir l’information et la traiter.

Pour que cette information soit la plus nette possible et quelle sorte du chaos ambiant (regarder autour de vous, il y a beaucoup trop de choses !) il va falloir que nos yeux se fixent sur quelque chose (focus) qui aura une importance pour nous, comme un effet de zoom : cette action s’appelle la fixation.

Lorsque je vous ai demandé de créer un cercle imaginaire, le problème était qu’il était justement imaginaire : les yeux cherchent ce fameux cercle ou prétendent qu’il existe. Plusieurs fixations apparaissent dans le décor, qui se traduisent par un mouvement saccadé … ne formant pas du tout un cercle.

La deuxième fois, en s’aidant de son doigt, ce dernier a servi de point de fixation : nos yeux se sont concentrés sur notre doigt et l’on suivit en un mouvement précis = Cercle précis !

Tout ceci pour dire que nos yeux fonctionnent par fixations pour :

  • repérer un objet
  • et le suivre en un mouvement fluide si ce dernier est en mouvement.

L’image la plus simple est lorsque vous êtes effrayé par un bruit suspect, que faites-vous ? Vous regardez partout, par fixation (plusieurs mouvements saccadés). Pourquoi ? Pour trouver l’information à l’origine de votre peur. Mais si vous savez ou se trouve la menace, vous la fixerez directement, mais surtout la suivrez des yeux ! Gardez en tête ce phénomène de fixation.

 

Deuxième point : le doigt

Marcapagina

Parlons-en justement de ce doigt.

Vous savez, cette survivance enfantine. On a tous appris à lire avec le doigt … et on a bien fait, mais voilà que quelques année plus tard, on le laisse tomber car finalement, on sait lire, parfaitement.

Un deuxième « Blague » pour la route. Si l’on se réfère au premier point, nous savons que nos yeux travaillent par fixation afin de percevoir un objet au sein d’un environnement. En ayant cette « définition » en tête, imaginez que cet environnement est représenté par un pavé de texte, l’action de la lecture est alors de repérer les mots composants le texte afin de les décrypter.

Résultats : Beaucoup de fixations pour repérer chacun des mots ! Et beaucoup d’énergie à dépenser.

Que faire pour améliorer son expérience de lecture ? Faire appel à son bon vieil ami, le doigt. Ce dernier va servir de point de fixation et il suffira de parcourir une ligne ou faire deux / trois fixations par ligne. Votre doigt est une arme et va permettre d’ajouter une lunette de précision à votre œil.

De plus, notre doigt permet de d’adopter un rythme de lecture plus soutenu.

Test : lisez à partir de maintenant avec votre doigt. Que constatez-vous ? Une vitesse un peu plus importante ?

Oui, mais la fixation sur le doigt ne va pas m’aider à lire les mots !

 

Troisième point : vision fovéale / empan

Lorsque l’on se focalise sur un objet dans notre environnement (= fixation), nous apercevons l’objet de manière détaillée. Ce champ de vision représente la vision fovéale.

Nous apercevons également ce qui gravite autour de cet objet avec un niveau de détail qui diminue dès lors que l’on s’éloigne de l’objet.

Cette zone autour de l’objet est qualifiée d’empan. Et des exercices existent pour améliorer cette zone. L’objectif ? Embrasser le maximum d’éléments dans cette zone. Vous voyez le lien avec la lecture ?

L’objet dans notre cas est le doigt, l’empan « naturel » va déjà nous permettre d’identifier les mots au-dessus de lui. Mais on va aller plus loin.

Au lieu de lire mot à mot, il faudra lire par groupe de mots. Bien sur ce groupe de mots sera plus ou moins grand en fonction de notre empan.

Et si un lecteur averti lit par groupe de mots alors sa lecture sera plus rapide et il s’épuisera moins vite par la même occasion. Pourquoi ?

Car il fera beaucoup moins de fixation.

FixationsReading
élargissez votre empan : http://www.lectureactive.fr/lire-vite-elargir-empan/

 

Petite pause pour un exemple :

Si vous décidez de lire le mot en gras dans la phrase suivante :

Le lion est mort ce soir.

La fovéa va intervenir sur ce mot et notre objectif va être de lire lors d’une seule et même fixation sur le mot en gras, tous les autres mots gravitant autour. Soit d’une seule fixation, lire toute cette phrase, en travaillant notre empan. Ainsi au lieu de faire 6 fixations (1 mot par fixations) ou 3 fixations (2 mots par fixations), une seule fixation suffira pour lire la phrase en entier.

Dites-vous qu’Honoré de Balzac disposait d’un empan tel qu’il pouvait embrasser du regard au moins une ligne complète.

 

Quatrième point : la subvocalisation.

Une survivance enfantine qu’il faut cette fois-ci éviter lorsque l’on veut faire de la lecture rapide. Si l’on se rappelle bien, lorsque nous étions enfants, il fallait lire à haute voix lors de l’apprentissage de la lecture. Puis lorsque cette étape de lecture était franchie, il fallait éviter de lire à haute voix pour ne plus gêner nos voisins : il fallait lire dans « notre tête », soit le phénomène de subvocalisation.

La subvocalisation nous freine en ce qui concerne la vitesse de lecture. Car il est démontré scientifiquement que l’homme est capable d’identifier et de comprendre un mot en quelques secondes : identification/ traitement ; il n’a pas besoin de se l’entendre dire. La subvocalisation demande plus de temps expliqué par un traitement en double canal : reconnaissance/ traitement + lecture du mot.

Test à l’appui :

Sélectionnez le paragraphe ci-dessus et coller le dans la fenêtre du programme suivant :

http://zapreader.com/index.php

Vous pouvez vous rendre compte que notre vitesse de lecture est assez importante à l’aide d’un tachistoscope. D’ailleurs c’est l’utilisation de cet appareil pour former des pilotes de l’air à repérer très rapidement un allié, un ennemi ou un appareil militaire ; qui a permis de mettre en évidence notre vitesse de traitement de l’information.

Toujours pas convaincu ?

Voilà une vidéo qui vous plaira :

C’est une habitude qui sera difficile à laisser tomber mais qui est possible. Voici un exemple que vous devriez garder en tête.

Lorsque vous conduisez et que vous voyez un panneau « STOP », vous comprenez sa signification … sans subvocaliser. Personne ne le dis « intérieurement » mais tout le monde comprends sa signification.

stop

 

Cinquième point : la régression

La régression est le fait de devoir revenir en arrière, parfois plusieurs fois de suite, pour « comprendre » un mot. L’origine de ce comportement :

  • Pas assez de concentration
  • La faute à la subvocalisation, vous avez identifié le mot, mais vous ne l’avez pas « lu correctement intérieurement » : vous retournez en arrière pour le répéter.

Le problème avec la régression, c’est qu’elle n’apporte pas forcément une meilleure, compréhension de la lecture : elle la détériore à la place.

Par exemple, si vous regardez un film mais que vous n’avez pas bien entendu les dialogues entre les personnages  principaux, vous n’allez pas rembobiner à chaque fois. Vous allez continuer de visionner le film car vous aurez compris l’idée essentielle, et que de toute manière, rembobiner à chaque fois ne vous permettra de mieux comprendre et apprécier le film que vous êtes en train de visionner.

La solution est de se concentrer dans un premier temps tout en augmentant sa vitesse de lecture grâce à son guide visuel (le doigt). Ce dernier nous forcera à aller de l’avant, sans retour en arrière.

Cela peut paraître paradoxal mais augmenter son rythme de lecture intentionnellement va permettre de développer une plus grande concentration. Le contraire est également vrai, et s’explique plus par le fait que notre cerveau n’est pas assez sollicité : il va donc vadrouiller, des pensées qui n’ont pour la plupart du temps rien avoir avec notre lecture vont alors s’inviter, nous allons donc lire sans vraiment lire, nous en rendre au bout de 30 secondes, puis revenir en arrière. Et cela répéter à plusieurs reprises au cours de notre lecture. Beaucoup de temps et d’énergies gaspillés.

Une image va permettre de mieux comprendre la situation. Imaginez-vous dans une autoroute, coincé dans la circulation. Vous attention se relâchera à plusieurs reprises, allant même jusqu’à faire d’autres activités que celle de conduire, comme chanter ou téléphoner.  Votre attention sera du type bottom-up :

Je ne vous parle même pas de l’attention bottom-up …

Pour faire simple, lorsque que quelque chose attire votre attention, donc que cette dernière est détournée, alors vous switchez d’un point d’attention à l’autre.

Alors que si vous êtes un pilote de rallye, la situation de conduite sera totalement différente. Vous serez à 100% concentré à cause du rythme effréné. Vous expérimenterez une attention top-down.

Rallye Monte-Carlo 2015 - Volkswagen Polo WRC - Ogier

On peut également prendre l’image du vélo. Si vous roulez à une vitesse très faible, vous risquez de trembler voir de chuter, alors qu’avec de la vitesse, votre course deviendra une partie de plaisir.

 

Sixième point : la pratique

Vous n’aurez aucune amélioration de votre vitesse de lecture si vous vous ne mettez pas à la tâche sérieusement.  Cette méthode demande un petit effort mais sans ce dernier, tout le monde serait capable de lire rapidement …

Je vous ai prémâché le travail et vous fait suivre la méthode du PX project présentée par Tim Ferris.

Je dois rajouter une autre chose. Ce n’est pas en pratiquant une seule fois que vous arriverez à maîtriser la lecture rapide. Il faut du temps, de la pratique et de la constance donc ne vous découragez et bon courage !

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Théodore Roosevelt vous accompagnera dans votre périple !

 

Vous voulez aller plus loin ?

Je vous conseille la méthode de lecture rapide de François Richaudeau.

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Ou alors celle de Tony Buzan, une référence en la matière :

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Ou pour les anglophones, le livre plébiscité par Josh Kaufman : 10 days to faster reading – Abby Marks-Beale

10_days_to_faster_reading_abby_mark_beale

 

 

 

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